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Site Magister Dissertation Definition

 Il est dans les lettres et les arts des écoles qui ne survivent guère aux générations qui leur ont donné naissance - faute, sans doute, d'une universalité, d'une profondeur humaine qui les auraient mises à l'abri du temps : ainsi le symbolisme en France,  l'expressionnisme en Allemagne, qui, pourtant, ont eu leur moment de vogue européenne. Aucun de ces mouvements ne s'est imposé comme ferment de renouvellement à travers les mutations périodiques de l'esprit européen. Le romantisme, par contre, n'a cessé d'agir au cours des époques qui l'ont suivi comme provocation ou repoussoir sur ceux qui cherchaient, dans les arts et les lettres, à frayer la voie vers des horizons nouveaux. Naguère, on affublait ironiquement de l'étiquette romantique toute attitude contraire au souci primordial de réalisme et de raison pratique. Aujourd'hui, la jeunesse se réclame volontiers d'une sorte de néoromantisme. La critique incisive du progrès technique, de ses objectifs strictement utilitaires et la peur de se trouver asservi à une civilisation industrielle mondiale, avec ses rechutes dans la barbarie et son insouciance du bonheur et de la vie de l'âme, tout cela a ramené l'attention vers les aspirations de l'âge romantique. Non pas, certes, pour les restaurer dans leurs formes historiques; rien n'est plus périmé aujourd'hui que les mièvreries sentimentales de 1830; mais certaines attitudes d'esprit typiques du romantisme resurgissent actuellement chez nos contemporains.
  Il y a d'abord ce refus de se laisser encadrer par les traditions philosophiques et sociales d'hier. L'adolescent d'aujourd'hui, c'est d'abord quelqu'un qui dit « non », j'entends qui se refuse à ouvrir aux institutions et aux mœurs en cours ce crédit de confiance, jusqu'à preuve de leur légitimité, que ses aînés consentaient plus libéralement : « non » un peu fou, un peu trop romantique peut-être, qui fait hocher la tête aux gens raisonnables, mais mise en question salutaire, susceptible de débloquer bien des structures fossilisées.
  Autre résurgence romantique : le retour à la nature. Jamais, sans doute, les jeunes qui pensent n'ont été plus sensibles aux menaces d'une rupture du contact entre l'homme et la nature. L'humanité moderne, ils le voient de plus en plus clairement, « se développe dans la nature [...] comme une sorte d'artifice universel » . L'homme, pris dans l'univers technique, se coupe de son milieu naturel, que, d'ailleurs, il ravale au rang de matériau. Nos contemporains, par réaction, éprouvent le besoin de rester liés, dans leur travail et leurs loisirs, avec la verdure et la lumière, la montagne et la mer, dussent-ils y perdre quelques raffinements ou commodités de la société d'abondance. Tout donne à penser que, ce comportement, le proche avenir le développera.
  Enfin, la référence délibérée au « moi » comme principe de valeur revient au premier plan. Elle entraîne le refus croissant des critères d'efficacité pratique, de réussite sociale, de rendement financier. Un certain affairisme à l'américaine périclite sous nos yeux. Les jeunes s'inquiètent du bénéfice moral, des satisfactions de l'esprit et du cœur que leur vaudront leur travail et leur effort. C'est dire que la considération de l'homme intérieur se trouve revalorisée et que l'esprit, qui tendait à n'être plus que l'instrument d'une exploitation technique du monde, redevient intéressant par lui-même, comme le vrai problème à résoudre, le vrai mystère à scruter. C'est là un autre symptôme de cette remontée des priorités romantiques en ce dernier tiers du xx° siècle.

 

 

  La dissertation obéit à des types de plans qu'on peut ramener à quatre :

  • le plan dialectique vous demande d'examiner un jugement, d'en montrer les limites voire de le réfuter (voir ce mot ) avant d'énoncer une position personnelle. C'est le fameux plan "thèse/antithèse/synthèse". On sait devoir s'orienter vers ce type de plan à la tonalité assertive voire polémique de la citation proposée à votre analyse, mais aussi au libellé du sujet : les questions "Pensez-vous que...", "Dans quelle mesure peut-on dire que...", "Partagez-vous ce point de vue" etc. sont sans ambiguïté. Il vous faudra confronter les thèses avant d'exprimer dans une troisième partie un avis personnel formulé objectivement à la première personne du pluriel. Ce plan répond bien à l'esprit de l'épreuve des Prépas scientifiques qui vise à éprouver le jugement personnel et à l'étayer par une connaissance précise des œuvres du programme.
        Si le plan dialectique canonique est un plan en trois parties, les jurys préfèrent deux parties solidement charpentées à des troisièmes parties répétitives ou privées de justification. On aura intérêt pour cela à réfléchir à ce qu'est une véritable synthèse ou à envisager parfois un plan concessif, aux ambitions plus réduites, mais qui présente l'avantage, en deux parties, de développer un raisonnement cohérent.
     
  • le plan thématique s'apparente au contraire à l'exposé. Il ne vous demande pas de discuter une thèse mais plutôt de l'étayer (voir ce mot ), c'est-à-dire de fournir un certain nombre d'arguments organisés capables de valider, au moins partiellement, l'opinion qu'on vous a soumise ou de répondre à la question qu'on vous a posée. On reconnaît ce type de plan au libellé du sujet : ce peut être une question ("Qu'est-ce qu'un grand roman ?"; "Qu'est-ce qu'une œuvre engagée ?") ou une invitation à vérifier une affirmation ("En quoi a-t-on raison d'affirmer que...", "Montrez, commentez ou justifiez ceci...").
        Attention, ce plan doit néanmoins inclure une pesée critique des termes et des notions convoqués par la citation-sujet, à l'intérieur des parties du développement.
     
  • le plan analytique, voisin du précédent, se propose d'examiner une notion en en envisageant les causes, les manifestations qui en découlent avant de proposer d'éventuelles solutions. Pour ces raisons, il est moins familier de la dissertation littéraire, dans laquelle néanmoins on peut rencontrer des libellés qui y invitent.
     

  • le plan comparatif vous amène à établir un parallèle constant entre deux notions. Ce plan pourra les examiner successivement dans les deux premières parties avant d'élaborer une synthèse personnelle qui essaiera d'établir leurs points majeurs de ressemblance ou de discordance et de proposer un dépassement. Ce type de plan reste très marginal dans le cadre de notre épreuve, voire même dangereux si l'on s'avise malencontreusement de comparer les œuvres au programme en consacrant une partie à chacune d'elles !
     

 

  Voici plusieurs sujets de dissertations.
         Quel type de plan choisiriez-vous pour les traiter ?
         (Remplissez les cases vides du tableau ci-dessous avec les numéros des sujets qui vous semblent pertinents.) 

Types de plansNuméros des sujetssur Amazon :

 

1
  Que représentent pour vous les héros ?
  Vous vous demanderez ce que signifie ce besoin d'admirer des êtres réels ou de fiction, de les aimer ou de les imiter, et vous appuierez votre réflexion sur des exemples pris dans vos lectures et dans votre expérience personnelle.

4
Qu'est-ce qu'une œuvre engagée?

9
« Nous n'avons pas besoin de connaître l'auteur pour comprendre et aimer son œuvre. On peut légitimement se passer de tout recours à ce que l'on sait de l'auteur en dehors de son œuvre pour examiner celle-ci. »
(F. Van Rossum-Guyon, Critique du roman).
  Vous direz ce que vous pensez de ce jugement en vous appuyant sur des exemples précis tirés de vos lectures.

5
Un personnage médiocre peut-il être un héros de roman ?
6
Que veut-on dire lorsque l'on parle du « style » d'un écrivain ?

2
« Il n'y a pas de vrai sens d'un texte. Pas d'autorité de l'auteur. Quoi qu'il ait voulu dire, il a écrit ce qu'il a écrit. Une fois publié, un texte est comme un appareil dont chacun peut se servir à sa guise et selon ses moyens.»
  Comment comprenez-vous cette opinion de Paul Valéry ?

7
A La Rochefoucauld qui déclare  : «Il est plus nécessaire d'étudier les hommes que les livres», George Sand semble répliquer lorsque, dans son roman Mauprat, elle recommande comme moyen de formation «l'étude des lettres, qui n'est autre que l'étude des hommes.»
  Quelles réflexions vous suggèrent ces prises de position ?

10
Il vous est sans doute arrivé de préférer au «héros» vertueux d'un roman, d'un conte ou d'un film le personnage odieux (le «méchant») dont il finit par triompher.
  Quelles sont, selon vous, les raisons qui expliquent l'attrait qu'exercent ces personnages odieux ?

3 
  Dans une enquête sur le livre et la lecture en France, on peut lire cette réflexion sur le roman : «Sujet permanent de discussions entre ceux qui professent que le roman doit exprimer ou représenter la vie et ceux qui, à l'inverse, estiment qu'il doit l'inventer. »
  Dans un développement composé, vous direz si les romans que vous connaissez vous paraissent représenter la vie ou l'inventer.

8
Un éditeur contemporain présente ainsi une collection d'ouvrages littéraires : « La modernité n'a rien à voir avec la date de parution. Des textes écrits il y a plusieurs siècles sont résolument modernes. Ils répondent parfois mieux que des œuvres plus récentes à nos préoccupations et à notre soif de beauté. »
  Partagez-vous cette opinion ? Vous appuierez  votre réponse sur des analyses tirées de vos lectures.

11
Un auteur contemporain écrit : «Apporter un message aux hommes et vouloir diriger le cours du monde ou le sauver, c'est l'affaire des fondateurs de religions, des moralistes, des hommes politiques... Une œuvre d'art n'a rien à voir avec les doctrines.»
  En vous référant à des œuvres que vous connaissez, vous direz ce que vous pensez de cette conception de l'art et de l'artiste.

►  CORRIGÉ 

 

   Pour la phase essentielle de préparation, nous vous proposons quatre exemples d'une démarche progressive sur les sujets marqués plus haut du signe : mise en place du sujet et recherche ordonnée des principaux arguments et exemples pour le plan dialectique, puis pour les plans thématique, analytique et comparatif (page suivante).

 

 

 

 

  Le plan dialectique demande d'examiner un jugement, d'en montrer les limites, voire de le réfuter, avant d'énoncer une position personnelle.

sujet 5
Un personnage médiocre peut-il être un héros de roman ?

  Les termes du sujet : préciser dans l'introduction le sens du mot médiocre (latin medius, "qui est au milieu".)  Ainsi médiocre désigne ici ce "qui est sans éclat". Le sujet présuppose donc que le roman n'admet pas de héros « moyens », ce qui s'oppose à la conception classique (« Des héros de roman fuyez les petitesses », conseille Boileau aux poètes dans son Art Poétique.)
  La position de la problématique : elle pourra partir de l'une des constantes du romanesque qui repose souvent sur l'exceptionnel et se demander si la "médiocrité" peut y avoir sa place.
  Le libellé du sujet
: La question posée sous cette forme rhétorique semble répondre par la négative. Implicitement, une thèse s'exprime ici, qui nie que le roman puisse admettre des personnages médiocres.
  Le domaine d'application : le genre romanesque.
  La recherche du plan
: Il convient donc de suivre ici un plan dialectique où vous évaluerez la thèse implicitement proposée (thèse /antithèse/ synthèse).

I - LE ROMAN A BESOIN DE HÉROS :

  • de destins exceptionnels (Julien Sorel dans Le Rouge et le Noir de Stendhal)
  • de personnalités hors du commun (Mme de Merteuil dansLes Liaisons dangereuses de Laclos)
  • de passions absolues (Des Grieux dans Manon Lescaut de Prévost)
  • le rythme romanesque et la nécessité de susciter l'intérêt obligent à rendre exemplaire le destin de personnages pourtant médiocres (Gervaise dans L'Assommoir de Zola).

II - POURTANT CERTAINS PERSONNAGES SONT DES MÉDIOCRES :

  • c'est le cas des personnages des romans réalistes qui ont choisi une peinture "objective" des milieux et des êtres : Georges Duroy dans Bel-Ami, Jeanne dans Une vie de Maupassant, les héros de Zola, pour qui « le premier homme qui passe est un héros suffisant » (Deux définitions du roman).
  • le personnage peut être destiné à illustrer la contingence, l'absurde (Meursault dans L'Étranger de Camus,  Roquentin dans La Nausée de Sartre, Bardamu dans Voyage au bout de la nuit de Céline).
  • le Nouveau Roman a choisi d'abolir le héros et de confier la représentation d'un monde énigmatique à des individualités transparentes ("L'époque actuelle est plutôt celle du numéro matricule" écrit Robbe-Grillet).

III - LE ROMAN N'ADMET LA MÉDIOCRITÉ QU'A CERTAINES CONDITIONS :

  • si le personnage peut être un médiocre, il convient de faire la part de l'époque : cette esthétique n'est que celle du XX° siècle et certains théoriciens du nouveau roman l'ont abandonnée  (romans de Le Clézio).
  • il ne faut pas ignorer le goût légitime du public pour des œuvres où la création artistique lui évite de rencontrer des voisins de palier (Meursault lui-même accède peu à peu à un destin exceptionnel).
    « Eh ! bon Dieu, nous ne voyons que trop autour de nous la triste et désenchanteresse réalité : la tiédeur insupportable des demi-caractères, des ébauches de vertus et de vices, des amours irrésolus, des haines mitigées, des amitiés tremblotantes, des doctrines variables, des fidélités qui ont leur hausse et leur baisse, des opinions qui s'évaporent ; laissez-nous rêver que parfois ont paru des hommes plus forts et plus grands, qui furent des bons ou des méchants plus résolus ; cela fait du bien.» (Vigny, Réflexions sur la vérité dans l'art).
  • de toutes façons, le roman a pour privilège de rendre la médiocrité unique et certains médiocres de la littérature sont devenus de véritables mythes  (Emma dans Madame Bovary de Flaubert).

 

sujet 8
 Un éditeur contemporain présente ainsi une collection d'ouvrages littéraires : « La modernité n'a rien à voir avec la date de parution. Des textes écrits il y a plusieurs siècles sont résolument modernes. Ils répondent parfois mieux que des œuvres plus récentes à nos préoccupations et à notre soif de beauté.»
  Partagez-vous cette opinion ? Vous appuierez  votre réponse sur des analyses tirées de vos lectures.

  Les termes du sujet : le terme de modernité, sans poser de problème particulier, peut être utilement rapproché de celui qu'utilisait Baudelaire : il n'est pas synonyme d'actualité, mais signale un accord, dans l'intemporel, avec le temps présent, ce que confirme la dernière phrase : seront jugées modernes les œuvres, même anciennes, qui savent correspondre aux centres d'intérêt de notre époque et à nos tempéraments. Une acception plus simple du mot moderne pouvait fournir quelques arguments à opposer à l'auteur.
  La position de la problématique : en quoi consiste la modernité d'une œuvre littéraire ? Est-elle liée à sa date de parution ou à l'écho qu'elle est capable de susciter auprès de toutes les générations ?
  Le domaine d'application : la critique littéraire, le goût, le rôle du lecteur dans la postérité de l'œuvre.
  La recherche du plan : le libellé est ici sans ambiguïté. Il s'agit bel et bien d'observer un plan dialectique.

I - DES TEXTES ANCIENS PEUVENT ÊTRE RÉSOLUMENT MODERNES :

  • ceux qui mettent en scène les sentiments éternels : l'amour, la mort, l'interrogation métaphysique (voir la persistance des écrivains classiques, des tragiques grecs);
  • restent aussi modernes les œuvres qui se signalent par la beauté de leur forme (l'alexandrin de Racine, la phrase de Bossuet n'ont pas vieilli).

II - MAIS BEAUCOUP D'ŒUVRES SONT MARQUÉES PAR LEUR TEMPS :

  • les préoccupations des auteurs anciens sont-elles encore les nôtres ? Bien des allusions socioculturelles accusent le vieillissement des œuvres (voir par exemple les textes engagés de Sartre); au contraire, des œuvres récentes sont sur ce plan plus proches de nous;
  • les critères de beauté, eux aussi, peuvent varier : la tragédie nous paraît aujourd'hui un genre plutôt ennuyeux et nous lui préférons le drame, comme nous préférons les formes libres en poésie.

III - LES ŒUVRES RESTENT MODERNES PAR LEUR PART D'INTEMPORALITÉ :

  • les chefs-d'œuvre savent encore nous parler et nous émouvoir par leur universalité. Ils ont su parler de l'Homme dans une forme pure et simple que l'art classique a codifiée : sans souci des modes, il s'agit de formuler avec justesse ce que chacun aurait pu dire;
  • au contraire, les œuvres qui cèdent aujourd'hui aux goûts du temps sont condamnées à vieillir vite. Est ainsi moderne l'artiste qui a su rejoindre l'intemporel par le recul esthétique qu'il a manifesté par rapport à son époque (Stendhal).

 Comment organiser le plan ?

 Il est fréquent dans le plan dialectique de commencer la confrontation des thèses par l’examen de celle qui est proposée par le sujet (souvent l’opinion d’un auteur enfermée dans une citation). Mais cela n’est nullement obligatoire. Il convient plutôt de construire la première partie du devoir autour de l'opinion la plus simple et la plus répandue (ce qu'on appelle la doxa), ce qui n’est pas toujours le cas, loin s’en faut, des opinions que l’on soumet à votre réflexion !
Ainsi la dissertation ira vraiment du plus simple au plus complexe en examinant d’abord les représentations plus ou moins convenues qui ont amené l’auteur à s’en démarquer.

 

► Par exemple, dans le sujet suivant :
  « La lecture que l'on fait soi-même d'une œuvre est préférable à l'audition de la même œuvre enregistrée.»
   Partagez-vous cette opinion ?

on aura intérêt à observer la progression suivante :

  • Thèse : la connaissance d'une œuvre littéraire est meilleure par la lecture personnelle (thèse implicite dans le sujet; c'est aussi la doxa).

  • Antithèse : une œuvre bien lue ou mise en scène pallie les carences éventuelles d'une lecture personnelle.

► Mais dans ce sujet :
« La laideur est une source d'inspiration pour le poète, au même titre que la beauté. »
 Dans quelle mesure peut-on souscrire à ce jugement ?

on commencera plutôt par la thèse la plus souvent admise, qui n'est pas celle que présente le sujet :

  • Thèse : le poète est mû avant tout par la recherche du Beau.

  • Antithèse : la poésie est aussi vouée à la peinture de réalités repoussantes, capables de soulever le lecteur.

      Ainsi, dans le traitement des sujets suivants, quelle thèse examineriez-vous d’abord ?

    •  A propos de l'écriture de sa vie, Jean-Claude Carrière écrit: « On peut dire [...] que la description d'une vie n'a d'intérêt que si cette vie est commune, que si d'autres peuvent s'y reconnaître ou deviner, selon les générations, ce que furent les sentiments, les sensations de leurs parents et grands-parents ».
       Dans quelle mesure cette affirmation définit-elle l'intérêt des œuvres biographiques et autobiographiques ? Vous étayerez votre réflexion par des exemples puisés dans le corpus, dans les textes étudiés en classe et dans vos lectures personnelles.

    •  « La poésie [...] n'a pas d'autre but qu' Elle-même », écrit Baudelaire. En prenant appui sur les textes du corpus, sur les poèmes que vous avez lus et étudiés et sur votre culture personnelle, vous vous interrogerez sur cette déclaration et vous vous demanderez si elle correspond à votre définition de la poésie.

    •  Dans le Dictionnaire égoïste de la littérature française, Charles Dantzig affirme : « La poésie ne se trouve pas que dans les vers ». Vous direz si vous partagez son point de vue dans un développement argumenté, en vous appuyant sur les textes du corpus, sur ceux que vous avez étudiés en classe ou lus personnellement.

    •  Le texte littéraire doit-il être sérieux pour dénoncer une injustice ou défendre une cause ?

A quoi sert la synthèse ?

  La synthèse est ressentie souvent comme la partie la plus délicate de la dissertation. Son utilité est pourtant évidente puisqu'il s'agit de sortir du conflit créé par les deux premières parties : la synthèse ne sert pas à établir une vérité moyenne, peu conforme à la nécessité de prendre une position personnelle. Elle est plutôt une résolution de la contradiction établie dans l'opposition thèse/antithèse.

 Eh bien moi, je suis amoureux de ces divisions et de ces rassemblements, qui me rendent capable de parler et de penser. Et si je pense que quelque autre est apte, par sa nature, à porter son regard en direction d'une unité qui soit l'unité naturelle d'une multiplicité, je m'en vais à sa poursuite, "derrière lui, suivant sa trace comme celle d'un dieu". Et remarque bien que ceux qui en sont capables, je les appelle jusqu'à présent (à juste titre ou non, seul un dieu le sait) dialecticiens. (Socrate dans Phèdre de Platon).



  Voici deux manières de justifier cette résolution (nous complétons pour les illustrer les exemples utilisés plus haut) :

cas n° 1  (ex : « La lecture que l'on fait soi-même d'une œuvre est préférable à l'audition de la même œuvre enregistrée.»)

     . fusion :
        le conflit n'est qu'apparent; les deux thèses sont complémentaires
.

  • Thèse : la connaissance d'une œuvre littéraire est meilleure par la lecture personnelle (thèse implicite dans le sujet; c'est aussi la doxa).

  • Antithèse : une œuvre bien lue ou mise en scène pallie les carences éventuelles d'une lecture personnelle.

  • Synthèse : il n'y a pas d'incompatibilité entre les deux démarches, mais plutôt complémentarité, l'audition de l'œuvre amenant ensuite à une lecture plus profitable.

 ► cas n° 2  (ex : « La laideur est une source d'inspiration pour le poète, au même titre que la beauté. »)

     . dépassement :(le cas le plus fréquent)
        à quelles conditions désormais peut-on admettre une des deux thèses confrontées ?

  • Thèse : le poète est mû avant tout par la recherche du Beau.

  • Antithèse : la poésie est aussi vouée à la peinture de réalités repoussantes, capables de soulever le lecteur.

  • Synthèse : le poète éveille un nouveau regard sur les choses et extrait la beauté des choses laides.

 

  En aucun cas la synthèse n'est la conclusion du devoir. Elle en est la dernière étape, la phase de résolution.
  La conclusion, quant à elle, fait le bilan de cette résolution, formule nettement la position à laquelle on est arrivé et propose une ouverture.

 

 

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